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Musée de la Camargue

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visite virtuelle

Actualités

Noël Gardian 2.0

Samedi 16 et dimanche 17 décembre de 10h à 17h

Pour sa 2ème édition, le Noël gardian au musée réunit pour un week-end festif une quinzaine d’artisans, créateurs et producteurs locaux. Animations pour petits et grands, balades à cheval et Food truck invitent à faire les courses de Noël aux champs!

La boutique du musée vous invite aussi à découvrir sa librairie 100% Camargue.

Programme détaillé ici
 
 

Témoignages

xx
7/09/17, 08:17

un musée magnifique dont les thèmes sont abordés avec finesse et authenticité.
Merci

Marie FLor
7/09/17, 08:16

Bouleversée... quand son enfance remonte en pleine face. Merci, merci infiniment de tant de beauté... tant d'intelligence de Coeur.
Marieflor. … read more

Carle Naudot : ethnographe

Fidèle à ce territoire qui l’a accueilli à ses dix-sept ans, Charles Naudot (1880-1948), “photo-ethnographe”, n’a cessé sa vie durant de rendre compte du quotidien de la Camargue.
Né à Pertuis dans le Vaucluse, Charles Naudot passe son enfance à Marseille, puis à Bollène et suit un apprentissage professionnel à Chalon-sur-Saône avant d’entrer aux ateliers des Chemins de Fer d’Arles, en 1888. En 1900, il est employé par la société Solvay à Salin-de-Giraud. En 1906, son mariage avec Joséphine Yonnet, fille du manadier Christophe Yonnet, l’attache définitivement à cette communauté de “l’autre bout de la Camargue” et à la terre où réside le couple jusqu’en 1940. C’est là que, par attachement à sa terre d’accueil, Charles devient Carle, dit lou Camarguen, adoptant définitivement son prénom en langue provençale. Au sein de la société Solvay, Carle, talentueux dessinateur, deviendra chef du bureau des études. Joséphine et lui auront deux filles : Nerto, née en 1910 et Estérello, née en 1922. Carle participe activement à la vie de la basse Camargue et à la diffusion de la culture régionale au service de laquelle il consacre son temps libre : membre du félibrige, de l’antique Confrérie des gardians, de la Nacioun gardiano, adjoint spécial de Salin à la mairie d’Arles, créateur du club taurin de Salin en 1901, il est aussi membre de la Société d’ethnographie française. Cette affiliation lui vaudra, en 1977, la publication posthume de l’ouvrage Camargue et gardians qu’il avait achevé avant de mourir, en 1948. L’intérêt majeur de ce travail méthodique et précis est reconnu par le Parc naturel régional de Camargue et la Société française d’ethnographie qui, grâce à l’appui de Nerto et Estérello Naudot l’éditent pour la postérité. Aujourd’hui, encore, Camargue et gardians demeure l’ouvrage de référence sur la Camargue de la première moitié du XXe siècle.

Conscient de la disparition d’un monde dont il a mesuré l’intérêt ethnologique, Carle, qui pensait tout d’abord rendre hommage à son beau-père, Christophe Yonnet, manadier à Salin-de-Giraud, réunit dans cette étude toute la mémoire du métier de gardian tel qu’il était pratiqué durant la première moitié du XXe siècle, ainsi que tous les usages de la basse Camargue. Sa méthode encyclopédique ne néglige aucun détail. On y trouve : les surnoms d’une quarantaine de gardians contemporains de Carle, des recettes de cuisine, des poèmes et chansons, ainsi que la description des fêtes qui rassemblent les habitants de Camargue. A la suite de la fête de l’antique Confrérie des gardians et des courses de chevaux qui permettaient aux cavaliers de se mesurer à des jeux d’adresse, viennent les jeux “gardians” mis en scène par le marquis de Baroncelli pour les spectacles de la Nacioun gardiano. Ces jeux inspirés de la chevalerie médiévale contribueront à la revalorisation de l’image du gardo-bésti qui évolue du simple pasteur à cheval au chevalier des temps modernes. La mutation n’a pas échappé à Carle qui, durant un demi-siècle de vie en Camargue, relate par l’image la construction d’une identité territoriale fondée sur des spécificités qui avaient jusqu’alors marqué un territoire hostile aux yeux de tous : l’aspect sauvage du paysage, la dureté du climat, l’isolement, la part de risque et de précarité qui demeure au quotidien et fait de la vie en Camargue une aventure. Le gardian qui trouve ses lettres de noblesses dans cette mutation devient alors l’acteur principal de la vie en Camargue parce que unique en son genre, il correspond à cette terre insolite en faisant corps avec elle.